Categoría: La voz y la mirada en la experiencia del análisis

  • Le cadre du fantôme: “Un voile noir” ou “Voit le noir” / Adriana Bauab

    Le cadre du fantôme: “Un voile noir” ou “Voit le noir” / Adriana Bauab

    C’est remarquable, Lacan utilise différentes expressions artistiques pour préciser certains concepts de la psychanalyse. Pour parler du jouissance, il fait référence au baroque et à la vision exubérante ou scopique des corps. Pour faire référence à l’enseignement en psychanalyse, il s’appuie sur la composition fragmentaire du collage. La présence de l’analyste dans la scène la décrit avec Velázquez en train de peindre dans le tableau de Las Meninas. Pour mentionner l’efficacité de l’interprétation il prends Ready made de Marcel Duchamp. La logique du fantôme est encadrée par la peinture surréaliste “La condition humaine” de René Magritte.

    J’ai déjà mentionné, et en rapport avec le manifeste Le Retour à Lacan, combien le psychanalyse obtien et à obtenue sous cettes latitudes pour son développement. Une expérience fructueuse et juteuse qui le met en dialogue avec des expressions artistiques, littéraires et culturelles avec lesquelles il prospère et s’enrichit mutuellement.

    Les arts et en particulier les arts visuels, les ruptures qui jalonnent leurs controverses, leur tendance à la transformation, leurs processus créatifs nous apprennent ce destin de la pulsion qui permet au sujet de se constituer au-delà du plan figuratif que représente le miroir. Se détourner de ce que le regard de l’Autre lui rend et trouver d’autres horizons pour sa subjectivité

    Au cours de ces voyages, je me suis interrogé sur ce que certains de ces mouvements artistiques nous transmettent. L’un d’entre eux, appelé L’Autre Figuration ou Nouvelle Figuration, a germé entre les années 1961 et 1965 sur la scène artistique locale et a rassemblé Luis Felipe Noé, Ernesto Deira, Jorge de la Vega et Romulo Maccio. Ils proposent de subvertir cette fissure inconfortable générée entre le figuratif et l’abstrait et de réinventer pour le tableau, une autre figuration qui s’enracine dans le figuratif mais tend à l’abstrait et compose une autre image dans le cadre qui mine la simple représentation.

    Bauab-1Luis Felipe Noe
    Bauab-2Luis Felipe Noe
    Bauab-3Ernesto Deira
    Baub-4Ernesto Deira
    Bauab-5Jorge de la Vega
    Bauab-6Rómulo Macció
    Bauab-7Rómulo Macció
    Bauab-8Rómulo Maccio

    De la main de l’Institut Di Tella, dans ces lieux, dans les années 60, émergent des travaux expérimentales qui seront marqués par une intense remise en question des styles esthétiques du passé. Ils sont les héritiers des avant-gardes artistiques européennes, touchés par le processus de transformation ouvert par l’après-guerre, influencés par la décadence des grandes utopies et les destinataires des airs rafraîchissants que la psychanalyse a diffusés sous cettes latitudes, avec l’arrivée imminente de Jacques Lacan a nos rives.

    Luis Felipe Noé dit “Avant l’Autre Figuration, l’abstraction et la figuration étaient des univers mutuellement réfractaires. Nous devions parler d’une autre figuration qui consistait à casser, réviser et recréer sans faire appel au geste insensé de brûler la prétendue tradition figurative. Pour l’Autre Figuration – une proposition basée sur un terme utilisé par Michel Tapiés à cette époque, Art autre – allait rechercher en permanence le tableau Autre, qui ne figure pas dans cette toile “. C’est ce que je trouve enrichissant et subversif de ce courant, la recherche de cet autre tableau. Celui qui ne réside pas dans l’aspect figuratif du miroir et celui qu’il tient illusoirement dans la toile du fantôme.

    L’Autre figuration est la composition d’une image sous un autre regard. La subversion de l’art relève de cet autre regard sur ce qui a déjà été institué.

    C’est ce que souligne Lacan lorsqu’il homologue l’interprétation avec le révolutionnaire ready made de Marcel Duchamp. L’interprétation et les interventions – dans le réel et dans l’imaginaire – dans lesquelles une lecture motorisée sous-tend le désir de l’analyste – sont lues de telle manière qu’elles déplacent le cadre du fantôme. Ils perturbent la coagulation des sens. Il offre un autre regard … Il va à la rencontre de la construction du fantôme pour approcher son passage, voilà sa logique.

    “La fonction du fantôme dans l’économie du sujet est de soutenir le désir dans sa fonction illusoire. Il n’est pas illusoire – il est réel -, c’est par sa fonction illusoire, fonction imaginaire, qu’il nourrit le désir »J. Lacan, Séminaire 13, classe des 30-3-66

    Quand Lacan fait référence à “La condition humaine”, un tableau de René Magritte, pour parler du fantôme, il dit: “Au-delà du charme de ce qui est peint sur la toile, il s’agit de ne pas voir ce que l’on voit à travers la fenêtre”. (Séminaire de L’Angoisse, cours du 19 décembre 62) … “Il faut avoir poussé les choses assez loin, dans une analyse, pour arriver au point où on touche dans le fantôme l’objet a comme cadre”. Dans la clinique, le cadre du fantôme se manifeste par l’angoisse, seule traduction subjective de l’objet a, qui révèle l’horizon où le désir est entrevu bien qu’il ne soit pas garanti de l’atteindre.

    Bauab-9René Magritte “La Condition Humaine”

    Là réside la question de savoir quel regard retient le sujet, si le schisme a été opéré entre la vision et le regard, ce qui a été figé depuis le stade du miroir et quel cri silencieux s’est imprimé sur le corps sans recevoir l’effacement de la trace de jouissance que le signifiant fournit.

    C’est la clinique qui m’a amené à utiliser certaines de ces expressions d’art pour rendre compte des espaces où le sujet est constitué.

    Marisa, quarante-deux ans, arrive à la consultation déprimée, angoissée, avec de sévères contractures au dos. Elle dit avoir abandonné son dernier emploi car dans l’usine de confection où elle travaillait, elle ne pouvait préciser ses idées. La discussion avait précipité de leur habitude. “Oui, cela peut être fait … mais”. Toujours mettre “mais” aux propositions du propriétaire de l’usine pour obtenir de nouveaux vêtements. “On peut faire des chemises … mais il n’y a pas de tissu …”. Le tissu qu’elle cherchait … celui qu’elle voulait confectionner. Quel tissu cherchait-il_, qu’est-ce qui n’était pas là?

    Elle a créé sa propre marque de sous-vêtements… extrêmement innovante… dit artistique, mais ne diffusait pas suffisamment et ne faisait pas assez de publicité. Elle ne pouvais pas gagner sa vie avec cela. Parfois, quelqu’un lui propose quelque chose en rapport avec son projet… mais vient rapidement le “mais ….”

    Quand elle était sur le point de terminer ses études un professeur de design de son collège lui a proposé d’être son assistant. Elle a répondu: “Mais je ne sais pas dessiner.” Marisa ne dessine pas, qu’est-ce qu’elle n’a pas dessiné pour pouvoir avancer dans le désir? Aussi pour cela, le “oui, mais” était qu’elle n’avait pas présenté le dernier versement pour finir ses études et obtenir le diplôme universitaire. Sa carrière avait été laissée inachevée. Elle n’a pas présenté, elle ne s’est pas présentée. Quel dessin ne pouvait pas livrer?

    Cela ouvre toute une série de questions qui font de la nouvelle un roman familial où son père, amoureux de la montagne, est allé vivre dans une localité de l’intérieur, alors que Marisa avait 8 ans, et puis est apparue de façon sporadique. La mère, entre les coutures – était une couturière, très déprimée, accrochée à ses trois filles. Elle répéte: “dans cette maison il n’étais pas possible être heureux.” N’oublie pas que les nuit quand elle s’endormit, elle était affligée, voyez tout noir et se demandait si elle allait revoir son père.

    En pleurant, elle dit que chaque fois que quelque chose de nouveau apparaît, un projet, une proposition est comme si un voile noir était levé devant elle.

    Le voile noir, dis-je, semble être un mandat, “Voit le noir”, comme s’il ne pourrait pas y avoir une autre palette plus colorée pour peindre leurs rêves.

    Elle raconte un chapelet de souvenirs, d’images qui restent cristallisées dans sa mémoire, mais qui n’étaient pas encore prêtes à être lues. Quand son père l’a laissée là dans un camion fermé.  Il m´a oublié ? elle demande. Ou la violence de sa grand-mère maternelle et les épisodes dans lesquels elle a prétendu être mort et elle a désespéré.

    À la session suivante, elle dit qu’elle s’est rendue compte que tous les vêtements qu’elle fabrique sont appelés en diminutif: culotte, petite culotte (bombachas, bombachitas), pyjamas, petit pyjama (pijama, pijamita) … elle s’exclame … elle devrait quitter le diminutif!

    Le diminutif qui a imprégné cette femme, dans lequel persistait une petite fille abandonnée, arrêtée, effrayée. Direction de la cure qui permet au désir de ne pas être entretenu uniquement illusoire et idéalement et de commencer à enlever les “mais” du chemin.

    Le pouvoir des images réside dans le fait qu’elles durent, persistent, survivent, comme dirait George Didie Huberman. Comme Magritte et comme les artistes de l’Autre Figuration, les analystes subvertissent le cadre du fantôme. Les interventions de l’analyste permettent de dire à quel point la jouissance reste coagulée dans la survie des images et exprimée en douleurs et souffrances corporelles. La lecture à la lettre fait parler le regard, le creux via le signifiant et traverse le pétrifié du fantôme, pour peindre avec d’autres couleurs le tableau.

  • La voix en trompe-l’oeil / Ilda Rodriguez

    La voix en trompe-l’oeil / Ilda Rodriguez

    …La esquizia del habla y de la voz toma obvia inspiración en la clase del 19 de febrero de 1964 del Seminario 11 de Lacan, volcado en su versión oficial como “La esquizia del ojo y la mirada”
    R. Harari, La esquizia del habla y de la voz.

    Il y a là quelque chose qui dénoue, qui délie, dans la mesure où les petits cailloux, les grains de sable, produisent un certain grincement, découplage, une interruption… Ce qui est en cause c’est la voix, dit Lacan dans le Séminaire 16, D’un Autre à l’autre : « Nulle part le sujet n’est plus intéressé à l’autre que par cet objet a là » [ii]. Il va chercher un type d’Autre qui sur ce point de la voix, peut être remis en question. Comme le crustacé Palaemon est obligé de se débrouiller avec le trou ouvert qui n’est pas une oreille, mais des petits grains de sable « histoire qui le chatouille là-dedans »[iii].

    En tout cas, il nous donne l’impression qu’intervient là un facteur ex-sistent de la chaîne interlocutive qui a à faire avec la présence de la voix en tant qu’objet a. Celui-ci, détaché, fabrique le j’ouïs. C’est dans cet aspect que J-Michel Vives[iv] a déterminé la nécessariété de l’implantation d’un « point sourd » pour pouvoir donner lieu à une mise sous silence capable d’amener le sujet à pouvoir parler sans savoir ce qu’il dit; en tant que sujet de l’inconscient. Ainsi, du fait initial d’être ouï à partir du cri, l’infans commence à ouïr. Or, pour que cela se produise, la gestation de ce point sourd est nécessaire : il faut cesser de tout ouïr, il faut faire taire la voix omni-sonnante pour laisser place à la voix de l’Autre. Mis à part le fait que, en entendant l’Autre, et comme nous le montre l’étymologie, on lui obéit, dans la mesure où oboedire[v] (obéir) dérive de audire (ouïr-entendre).

    En effet, il convient de réitérer que c’est ce qui est omis dans, et par, l’acte de parler : l’altérité de ce qui est dit et séparé de son support. « L’objet a le plus original » escamote l’ouverture et la fermeture propres aux autres zones érogènes pulsionnelles : l’oreille, en échange, ne se ferme pas. Ainsi, l’infans –  comme nous le disions plus haut – ne peut-il pas cesser d’ouïr, même si en déplaçant la tête il peut cesser de voir. Voici donc, l’action effective, l’incidence, d’un pansonikon, et non pas seulement celle du panopticon bien connu, où se localise l’omni-évidence du monde. Omni-sonnance du monde, alors?.

    Dans ce passage de la voix au regard effectué par l’enfant dans son dessin s’insinue quelque chose que Lacan a mentionné : « dans cette fonction que j’ai appelée du “dompteregard”, qui a une autre face, c’est celle du trompel’œil. » Que se passe-t-il donc là dans cette tentative de l’enfant à rendre traitable son expérience de l’Unheimliche, réputée par Freud comme plus esthétique que clinique[xi] ? Ne semble-t-il pas vouloir nous montrer son caractère non réductible, non « analysable », non significantisable ? Autrement dit : serait-ce une sorte de « rocher vivant » ?

    En tenant compte des concepts précédents, considérons ensuite que dans le trompe-l’œil le pouvoir de l’illusion est sans cesse renouvelé après avoir été reconnu par le sujet, ce qui permet un émerveillement renaissant face à l’énigme : celle du désir et de sa cause (p.5).

    Nous voyons donc qu’il s’agit d’un moyen de passer à travers l’expérience de l’Unheimliche qui comprend la réponse face à l’insolite, l’incompris, l’inattendu, caractérisant ainsi une façon de réagir face au danger, sentiment qui surgit face au déjà vu, articulé dans ce cas à un déjà ouï ? ; c’est-à-dire en réponse à la présence d’un fantôme inconscient (textes de Freud voir Harari, p. 24).

    Le trompe-l’œil semble caractériser pour une sollicitation particulière du regard qui est invité à voir au-delà et à y revenir. Aussi, tente de s’approprier ce qui ne cesse d’échapper à la figuration : l’irreprésentable du manque. Il ouvre sur l’absence et permet une expérience où s’éprouve le désir. Le trompe –l’œil introduit la dimension du manque dans la présence et manifeste dans le jeu représentatif ce que la représentation  même est chargée de dissimuler. A savoir le réel du manque.

    Cela revient à dire que le dessin de l’enfant dé-voile, montre sans pour cela cesser de soustraire, de cacher; on pourrait dire qu’il crée une fiction qui, cependant, signale la pointe d’un réel qui revient, l’objet a. Qu’est-ce qui se cache derrière le voile ? Le rien qui angoisse…

    [i] Une partie de ce texte a été publiée précédemment et retravaillée en vue de cette présentation.

    [ii]J. Lacan,  Le Séminaire. Livre 16, D’un Autre à l’autre, Paris, Seuil

    [iii] J. Lacan, Ibid.,

    [iv] J-M Vives, Pour introduire la question du point sourd en Psychologie clinique: 19, L’Hartmattan, Paris, printemps, 2005, p. 9 et suivantes.

    [v] Pascal Quignard, La haine de la musique, Dix petits traités.

    [vi] J. Lacan, Séminaire « L’angoisse »… (cit), id

    [vii] J. Lacan, ibid

    [viii] J. Lacan, Séminaire 14, La logique du fantasme, 1966-1967, inédit.

    [ix] G. Agamben, “¿Qué es una orden?” Teología y lenguaje, Las cuarenta, Buenos Aires, 2012, p. 56

    [x] J. Lacan, Séminaire L’angoisse, op.cit

    [xi] S. Freud , “Lo ominoso” , 1919, t.17, Obras Completas, Amorrortu, Buenos Aires, 1976

    [xii] J. Lacan,   Le Séminaire,  Livre XI, Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, Paris, Seuil, 1973.


     

    Presentación realizada en el Coloquio Internacional convocado por la Escuela Freudiana de Buenos Aires, la Escuela Freudiana de la Argentina, la Fundación Europea para el Psicoanálisis y Mayéutica- Institución Psicoanalítica “La voz y la mirada en la experiencia del análisis” realizado en Buenos Aires los días 22 y 23 de marzo de 2019.

  • La voz en trompe-l’oeil. A partir de una viñeta clínica / Ilda Rodriguez

    La voz en trompe-l’oeil. A partir de una viñeta clínica / Ilda Rodriguez

    …La esquizia del habla y de la voz toma obvia inspiración en la clase del 19 de febrero de 1964 del Seminario 11 de Lacan, volcado en su versión oficial como “La esquizia del ojo y la mirada”

    R. Harari, La esquizia del habla y de la voz.

    De lo que se trata es de la voz, dirá Lacan en el Seminario 16,   De un Otro al otro: “El sujeto en ninguna parte está más interesado en el Otro que por ese objeto a  allí”.[1] Va a buscar un tipo de Otro que sobre ese punto de la voz pueda ser puesto en cuestión. Como el crustáceo Palemón, está obligado a arreglarse con el agujero abierto que no es una oreja, sino pequeños granos de arena: “historia que le cosquillea ahí dentro”[2] En todo caso, nos da la pauta de la incidencia de un factor ex-sistente a la cadena interlocutiva y que hace a la presencia de la voz como objeto a. Este, desprendido, fabrica j’ouïs, jouis… He aquí que el genio de la lengua en su latencia, permite aprehender a Lacan: goza oigo, oigo gozo[3]

    Es en dicho aspecto, que J-Michel Vives[i] ha determinado la necesariedad de la implantación de un “punto sordo” para poder dar lugar a un silenciamiento capaz de conducir al sujeto a poder hablar sin saber lo que dice; en tanto sujeto de lo inconsciente. Por ende, del ser oído inicial a partir del grito, el infans accede a oír. Pues bien, para que ello acontezca se requiere la gestación de aquel punto sordo: hay que dejar de oír todo, hay que acallar la voz omnisonante para dar lugar al habla del Otro. Sólo que, al oír al Otro, y tal como lo enseña la etimología, se le obedece, por cuanto  oboedire[ii] (obedecer) deriva de audire (oir-audicionar).

    Más todavía, obedecer implica una normativa en juego, lo que permite captar la pertinencia lacaniana de situar el objeto a voz en términos del superyó[iii] que obliga a cumplir lo incumplible, porque el significante es imperativo.[iv] Lo cual no deja de recordar  que el significado de este no es su ejecución, sino solamente el hecho de que uno “debería”, ya que nada responde al imperativo.[v]

    Así entonces arribamos, a que esta es una vía de atravesar la experiencia de lo Unheimliche que incluye la respuesta ante lo inhabitual, lo incomprendido, lo inesperado, caracterizando un modo de  reaccionar frente al peligro, sensación que surge ante el  “ya visto” (déjà vu), articulándose en este caso a un” ya oído”  déjà ouïe;  o sea ante la presencia de un fantasma inconsciente. (Freud textos ver p.24 Harari)

    Cabe decir que el dibujo del niño re-vela, muestra, sin dejar de sustraer, de esconder: monta una ficción- podría decirse- que empero, señala la punta de un real que retorna, el objeto a. ¿Qué hay detrás del velo? El nada que angustia…

    [1] J.Lacan, Seminario 16De un Otro al otro”, clase 26/3/69, la traducción me pertenece.

    [2] J.Lacan, Seminario 16, (cit), id.

    [3] J. Lacan, Séminaire “L’angoisse”, 10, clase del 5/6/63, versión MR, inédita.

    [4] Jacques Lacan, El Seminario, Libro11, Los cuatro conceptos fundamentales del psicoanálisis, Paidós, 1986, Buenos Aires, pp.118, 119.

    [i] J-M. Vives, La voix sur le divan, Aubier, Paris, 2005.

    [ii] P.Quinard,El odio a la música.

    [iii] J.Lacan, ibid.

    [iv] J.Lacan, Seminario 14, La lógica del fantasma, 1966-1967, inédito.

    [v] G.Agamben, “¿Qué es una orden?” Teología y lenguaje, Las cuarenta, Buenos Aires, 2012, p. 56.

    [vi] J.Lacan, Seminario La Angustia, op.cit.

    [vii] S. Freud , “Lo ominoso” , 1919, t.17, Obras Completas, Amorrortu, Buenos Aires, 1976.


    Presentación realizada en el Coloquio Internacional convocado por la Escuela Freudiana de Buenos Aires, la Escuela Freudiana de la Argentina, la Fundación Europea para el Psicoanálisis y Mayéutica- Institución Psicoanalítica “La voz y la mirada en la experiencia del análisis” realizado en Buenos Aires los días 22 y 23 de marzo de 2019.

  • La voz de la experiencia / Noemí Sirota

    La voz de la experiencia / Noemí Sirota

    La osadía del inconsciente consiste en darle valor de verdad,  a aquello que proviene de una experiencia, la experiencia de hablar a y con otro; una relación a la verdad aun en el dicho mentiroso.

    Dar lugar a esta experiencia hace de la práctica del análisis una ocasión para realizar algo de eso que el hombre contemporáneo habría sido privado. La expropiación de la experiencia en la modernidad es la pérdida de su correlato, la autoridad de la palabra y el relato en favor del conocimiento.  “[…] ya nadie parece disponer de autoridad suficiente para garantizar una experiencia y, si dispone de ella, no es ni siquiera rozado por la idea de adjuntar a una experiencia el fundamento de su propia autoridad. […] nadie estaría dispuesto a aceptar como válida una autoridad cuyo único título de legitimación fuese una experiencia. […] De allí la desaparición de la máxima y del proverbio, que eran las formas en que [en la antigüedad] la experiencia se disponía como autoridad. […][1]

    La expropiación de la experiencia, que estaba implícita en el proyecto  de la ciencia moderna, actualmente  se pone de manifiesto en  asociación con la tecnología y hace  ideología a partir de lo que se llama “el  caso” o, si es expresamente buscada, toma el nombre de experimento y su constatación toma el camino de la estadística como forma de hacerle decir sus resultados, en el protocolo que aplique. De uno u otro modo velan, por no escuchar, la división del sujeto que el saber inconsciente, hace resonar en cada tropiezo de la  voz en su encuentro con la palabra. El experto hace gala de capacitación  y el sabio cree serlo por acumulación de datos. Conocimiento e información se jerarquizan en desmedro de  sensibilidad y  registro de los efectos de una experiencia. Una foto es  prueba de haber pasado por un lugar y no testimonio del efecto de haber estado allí.

    Lacan hace retornar de Freud esa división y reintroduce el valor de la experiencia de hablar ordenando, en un discurso, la diferencia entre oír y escuchar, mirar y ver porque lo articula con el circuito pulsional en su intrincación con el acto de palabra. Así la voz y la mirada entran como objetos “a” en la experiencia de hablar en tanto el lenguaje hace al cuerpo de “lalange”[2].

    El objeto “a”, en su valor de letra constituye un principio de orden y discriminación tanto en el campo de la experiencia analítica como en el discurso del psicoanálisis, dándole su especificidad en relación con  otros campos del saber.

    Así entonces, la experiencia del análisis tiene su voz y su mirada como objetos “a” que permiten leer como el psicoanálisis hace entrar “el Sujeto” en el orden del deseo. Un orden de experiencia que implica una razón en el sentido de la división. En el análisis la elisión de la mirada hace lugar a esa dimensión de la Otra escena en tanto “Otro Lugar” para mirar mientras que la voz trae lo actual en el tiempo  necesario para “h-a-cer decir. La espera activa que el deseo del analista otorga a la voz para que tenga lugar al silencio. “Sin la voz no hay apoyo para la función de hablar”.

    Los restos de lo visto y lo oído de los cuales habla Freud, referidos a la determinación del trauma son dimensionados por la invención Lacaniana del objeto “a” y esa dimensión permite leer la intrincación pulsional que se produce al hablar. Por ejemplo cuando alguien quiere que otro lo escuche y le dice “Mira!……ocurre tal cosa y tal otra, hay un eco de una pulsión a la otra que se intrincan por decir[3].

    Ahora bien, es importante distinguir el eco de la voz. El eco es la alteridad del decir. Hay personas que hablan como eco, que solo repiten las palabras de los otros, salteando su voz  sin prestarla. Es interesante observar la diferencia que se produce en el análisis cuando algo sucede que hace pasar un significante en su resonancia  y el analizante puede escuchar “otra cosa”. Esos son momentos de pase en el análisis.

    Encuentro en la lectura de la proposición lacaniana del 9 de Octubre de 1967 una interpelación a los analistas que me lleva a decir que la experiencia del análisis produce un orden de necesidad de transmisión que requiere hacer valer esa voz de la experiencia.

    Una provocación a hacer escuela,  en el sentido estoico, de la enseñanza de Lacan, es decir: para poner en valor el orden de razones que introduce el inconsciente en torno al Deseo, al Amor y al Goce, hace falta hacer hablar la voz de esa experiencia  en el sentido  disponer las condiciones para que se diga. El inconsciente es un saber hablado.

    Es posible ubicar 2 dos momentos de la experiencia en relación a la voz y la mirada en función de objeto “a”:

    1) En el análisis el cuerpo del analista es caja de resonancia de los objetos parciales por los que se hace h-a-cer semblant de  objeto “a”. La voz sostiene en su actualidad el acto que la operación de Transferencia alberga en el amor por la función SsS.

    2) En el dispositivo del Pase, el Testimonio   hace escuchar la voz   del pasante, transportada por cada uno de los dos pasadores y esta disposición, que implica un trayecto y condiciones para llevarlo a cabo, articula un plural que no es un “nosotros”. Dos voces que “se hacen ser” eco de un testimonio. En ese hacerse ser eco al transmitirlo, hablando ponen en juego la novedad de la repetición, la sorpresa de la contingencia, sin el amparo de la Transferencia, es decir sin la presencia del analista.

    Hay “entre” los dos pasadores (que no hablan entre ellos) esa oquedad que hace resonar lo dicho o no dicho por el otro. Quizás surja el relato de un sueño, un lapsus o un síntoma provocado por la escucha del testimonio. Hay una sutil diferencia que es de razón (división) y no de forma (por demanda de amor)  entre “hacerse eco” que implica repetir o referenciarse en los dichos del otro y “hacerse ser eco” dejarse tomar por lo dicho en el testimonio y escuchado habiendo “estado ahí” con el trauma que conlleva. Es un modo de entender la afirmación del Lacan “la pulsión es el eco en el cuerpo  del hecho de que ha habido un decir”. La función del pasador queda así en el lugar de la pulsión, del recorrido de la pulsión y no de la forma que la pulsión toma enlazada a la demanda. Entiendo que ubicar la función del pasador en estos términos está en articulación con considerar que es necesario que el pasador este  en análisis y en un momento del análisis en el que “su analista” pueda elegirlo, para esa función, por tomar en cuenta que es alguien que puede escuchar porque se ha escuchado, el mismo, en el reconocimiento de la diferencia entre querer y desear en razón haber sido objeto en el Deseo del Otro.

    Decimos que el pasador es el Pase porque, como un botero, transporta de una orilla a la otra lo que escucho  para decir en un saber hablado que no se sabe a sí mismo. En esa intrincación pulsional  habla con el cuerpo, y sin saberlo.

    Esa voz de la experiencia llega al Cartel de Pase o Jurado -según se nombre esa instancia- que podrá producir de ese testimonio “una cartografía” [4] para leer lo que el testimonio ofrece. Para aprehender lo que ese testimonio enseña, sin saberlo, de las cuestiones cruciales que se transmiten como argumento de un decir que quiere dar testimonio, de qué? de ese lugar de resto de la operación que lo dividió, y quiso en el análisis, perder otra vez   las ataduras a la determinación de un “penar de más” para hacerse escuchar y ofrecer “su deseo de analista” para otros.

    Autorizarse de “el mismo” “en tercera persona como en el chiste. Un saber en tercera persona  siguiendo lo que hace real su experiencia del inconsciente, como saber hablado. Eso que un pasante quiere hacer escuchar para el porvenir del psicoanálisis con su testimonio.

    [1] Agamben, Giorgio Infancia e Historia Adriana Hidalgo editora Buenos Aires 2001.

    [2] Neologismo que se inscribe como concepto a partir de un lapsus de Lacan en el seminario Ou…Pire al querer nombrar el diccionario de Lalande.

    [3] Sigo los desarrollos  de Norberto Ferreyra . Kline ediciones. En su libro la voz y el decir y relevo las diferencias respecto del desarrollo de Erik Porge en su libro La voz del Eco. Ed. Heres

    [4] “Una Cartografia” para pensar una nueva ética a partir   los campos de extermino como fracaso de la metáfora,  es lo que propone Georgio Agamben en su libro  “lo que queda de Auschwitz, el archivo y el testigo”


     

    Presentación realizada en el Coloquio Internacional convocado por la Escuela Freudiana de Buenos Aires, la Escuela Freudiana de la Argentina, la Fundación Europea para el Psicoanálisis y Mayéutica- Institución Psicoanalítica “La voz y la mirada en la experiencia del análisis” realizado en Buenos Aires los días 22 y 23 de marzo de 2019.

  • La voix de l´expérience / Noemí Sirota

    La voix de l´expérience / Noemí Sirota

    La hardiesse de l´inconscient consiste à attribuer une valeur de vérité à ce qui vient d´une expérience, l´expérience de parler à et avec un autre

    Donner lieu à cette expérience fait de la pratique de l´analyse une occasion pour faire quelque chose de ce que l´homme contemporain n´aurait plus. L´expropriation de l´expérience pendant la modernité est la perte de son corrélat, l´autorité de la parole et le récit en faveur de la connaissance.  « […] personne ne semble plus avoir l´autorité suffisante afin de garantir une expérience et si quelqu´un l´avait, il n´est même pas en effleuré par l´idée de joindre à une expérience, le fondement de sa propre autorité. […] nul ne serait prêt à accepter comme valable une autorité dont le seul titre de légitimation serait une expérience. […] De là la disparition de la maxime et du proverbe, qui étaient les formes dans lesquelles (pendant l´antiquité) l´expérience étaient l´autorité. […] »[1]

    L´expropriation de l´expérience, qui était implicite dans le projet de la science moderne, est aujourd´hui exprimée associée à la technologie et fait de l´idéologie à partir de ce que l´on appelle « le cas » ou bien, si elle est expressément cherchée, elle prend le nom d´expérience et sa vérification prend le chemin de la statistique comme une forme de lui faire dire les résultats, dans le protocole appliqué. D´une manière ou d´une autre, ils veillent pour ne pas écouter, la division du sujet que le savoir inconscient fait résonner chaque fois que la voix trébuche lors de sa rencontre avec la parole. L´expert fait vois sa formation et le sage croit l´être par un cumul de données. Connaissance et information acquièrent de la hiérarchie et perdent de la sensibilité et un registre des effets d´une expérience. Une photo est un témoignage d´avoir été dans un endroit mais elle n´est pas l´effet d’y avoir été.

    1. Lacan fait revenir de Freud cette division-là et réintroduit la valeur de l´expérience de la parole ordonnée, dans un discours, la différence entre entendre et écouter, voir et regarder, parce qu´il l´articule avec le circuit pulsionnel dans sa rencontre avec l´acte de parole. C´est ainsi que la voix et le regard entrent comme objet « a » dans l´expérience de parler alors que le langage fait le corps de « lalangue » [2].

    L´objet « a », dans sa valeur de lettre constitue un principe d´ordre et de discrimination tant dans le domaine de l´expérience analytique que dans le discours de la psychanalyse, en lui donnant sa spécificité par rapport à d´autres domaines du savoir.

    C´est ainsi que l´expérience de l´analyse a sa voix et son regard comme des objets « a » qui permettent lire de la même manière que la psychanalyse fait entrer le « Sujet » dans l´ordre du désir. Un ordre d´expérience qui implique une raison dans le sens de la division. Dans l´analyse, l´élision du regard laisse une place à la dimension de l´Autre scène en tant que « Autre Lieu » pour regarder, tandis que la voix amène l´actuel dans le temps nécessaire pour faire (h-a-cer) decir. L´attente active que le désir de l´analyste attribue à la voix pour que se produise le silence. « Sans la voix, il n´y a pas d´appui pour la fonction de parler » NF ibidem.

    Les restes du vu et de l´entendu dont parle Freud, par rapport à la détermination du trauma sont mesurés par l´intervention lacanienne de l´objet « a »et c´est cette dimension-là qui permet de lire l’embrouille pulsionnelle qui se produit quand on parle. Quand quelqu´un veut par exemple, qu´un autre l´écoute et lui dit : « Tiens… il arrive que cela et cela », il y a un écho d´une pulsion à l´autre qui s’embrouillent pour dire.[3]

    Or, il est important de différencier l´écho de la voix. L´écho est l´altérité du dire. Il y a des personnes qui parlent comme un écho, qui ne Font que répéter les mots des autres, en faisant sauter leurs voix sans la prêter. Il est intéressant d´observer la différence qui se produit pendant l´analyse lorsqu´il arrive quelque chose qui fait passer un signifiant dans sa résonance et l´analysant peut écouter « autre chose ». Ce sont des moments de passe dans l´analyse.

    Je trouve dans la lecture de la proposition lacanienne du 9 octobre 1967 une interpellation aux analystes qui me fait dire que l´expérience de l´analyse produit un ordre de besoin de transmission qui exige de faire valoir cette vois de l´expérience.

    Une provocation à faire école, dans le sens stoïque, de l´enseignement de Lacan, pour mettre en valeur l´ordre de raison qui introduit l´inconscient autour du Désir, de l´Amour et de la Jouissance, il faut faire parler la voix de ladite expérience dans le sens de mettre en place les conditions pour que l´on dise.

    Il est possible de trouver deux moments de l´expérience par rapport à la voix et au regard en fonction d´objet “a” : 1) Lors de l´analyse, le corps de l´analyste est une caisse de résonance des objets partiels pour ceux que l´on fait (h-a-cer) semblant de a. La voix soutient dans son actualité l´acte que l´opération de Transfert abrite dans l´amour pour la fonction SsS.

    2) Dans le dispositif de la Passe, le Témoignage fait entendre la voix du passant, transportée par chacun des deux passeurs et cette disposition qui implique un trajet et des conditions pour la mener à bien, articule un pluriel qui n´est pas un nous. Deux voix qui « se font être » l´écho d´un témoignage. Le fait d´être écho en le transmettant, en parlant, met en jeu la nouveauté de la répétition, la surprise de la contingence, sans l´abri du Transfert, c´est à dire, sans la présence de l´analyste.

    Il y a « entre » les deux passeurs (qui ne parlent las entre eux) cette vacuité qui fait résonner le dit et le non-dit par l´autre. Peut- être qu´il apparaît le récit d´un rêve, un lapsus ou un symptôme provoqué par l´écoute d´un témoignage. Il y a une différence subtile qui est de la raison (division) et non pas de la forme (par demande d´amour) entre « se faire écho » qui implique répéter ou de faire des références dans les dits de l´autre et « se faire rendre en écho » se laisser emporter par le dit dans le témoignage et écouté étant présent avec le trauma que cela implique. C´est une manière de comprendre l´affirmation de Lacan « la pulsion de l´écho dans le corps du fait dont il y a eu un dire ». La fonction du passeur reste ainsi à la place de la pulsion, du parcours de la pulsion et non pas de la forme que prend la pulsion liée à la demande. Je crois que placer le rôle du passeur dans ces termes-là, est en rapport avec l´idée qu´il faut que le passeur soit en analyse et à un moment de l´analyse où son analyste peut le choisir, pour ce rôle, car il tient compte qu´il s´agit de quelqu´un qui peut écouter parce qu´il s´est écouté lui- même, dans la reconnaissance de la différence entre vouloir et désirer pour avoir été objet dans le Désir de l´Autre.

    Nous disons que le passeur est la Passe parce que tel un batelier, il fait passer d´une rive à l´autre ce que j´écoute pour le dire avec un savoir parler qui ne se connaît pas lui- même. Dans ce mélange pulsionnel, il parle avec le corps sans le savoir.

    Cette voix de l´expérience arrive au Cartel de Passage ou Jury – suivant comment on l´appelle- qui pourra produire de ce témoignage « une cartographie »[4] afin de lire ce que le témoignage offre. Pour appréhender ce que le témoignage apprend, sans le savoir, des questions cruciales transmises comme argument d´un dire qui veut donner témoignage, et de quoi ? De ce lieu du reste de l´opération qui l´a divisé et qui a voulu dans l´analyse perdre encore une fois les attaches à la détermination d´un « plus de souffrance » pour se faire entendre et pour offrir « son désir d´analyste » pour d´autres.

    S´autoriser du « même » à la troisième personne comme dans la blague. Un savoir à la troisième personne en suivant ce qui rend réelle son expérience de l´inconscient. Ce qu´un passant veut faire entendre pour l´avenir de la psychanalyse avec son témoignage.

    [1] Agamben, Giorgio Infancia e Histora Adriana Hidalgo editora Buenos Aires 2001

    [2] Neologismo que se inscribe como concepto a partir de un lapsus de Lacan en el seminario Ou…Pire al querer nombrar el diccionario de Lalande.

    [3] Sigo los desarrollos  de Norberto Ferreyra . Kline ediciones.en su libro la voz y el decir y relevo las diferencias respecto del desarrollo de Erik Porge en su libro La voz del Eco. Ed. Heres

    [4] “Una Cartografia” para pensar una nueva ética a partir   los campos de extermino como fracaso de la metáfora,  es lo que propone Georgio Agamben en su libro  “lo que queda de Auschwitz, el archivo y el testigo”


     

    Presentación realizada en el Coloquio Internacional convocado por la Escuela Freudiana de Buenos Aires, la Escuela Freudiana de la Argentina, la Fundación Europea para el Psicoanálisis y Mayéutica- Institución Psicoanalítica “La voz y la mirada en la experiencia del análisis” realizado en Buenos Aires los días 22 y 23 de marzo de 2019.

  • “¿Brontofobia?” Umbral, tronar de la pulsión / Gabriela Spinelli

    “¿Brontofobia?” Umbral, tronar de la pulsión / Gabriela Spinelli

    “El grito hace aglutinarse al silencio en el impasse mismo donde brota…para que el silencio escape de él”
    Jacques Lacan  Seminario 12

    “Los dioses no se ven pero se oyen: en el trueno, en el torrente, en la nubada, en el mar. Son como voces”
    Pascal Quignard “El odio a la música”

    Eugenia consulta a sus 23 años luego de varios tratamientos, portando el significante “brontofobia” como intento de explicar su padecer. Plagada de información que funciona a modo de racionalizaciones que no alcanzan a simbolizar “eso” que la aqueja[1].

    Su sufrimiento comenzó de pequeña, con un miedo a los truenos nocturnos que la conducían a buscar refugio en el lecho de sus padres.

    Poco a poco el miedo se fue extendiendo a las tormentas.

    Hubo un periodo de calma al llegar a la pubertad, creyeron que el miedo estaba superado pero a los quince años retornó aún más potente, de modo que, en su adolescencia ya evitaba por medios inconfesados salir de la casa cuando llovía, hasta que llegó a no salir cuando “estaba por llover”.

    En su juventud, con sólo oscurecerse el cielo, se cierne sobre ella un pavor indescriptible.

    Vive pendiente del servicio meteorológico, sus vacaciones se eligen en función del clima del lugar….

    Su vida social es bastante pobre, sus relaciones inestables. Sólo a un “novio” le confesó su padecimiento, quien al principio comprendió y al tiempo…se saturo.

    Los trabajos no quedan al margen. Las inasistencias hacen que sea despedida porque no puede soportar los “despertadores”. ¿Qué despierta la tormenta? A esta altura del relato, algo empieza a sonar raro…

    El análisis comienza de manera “entrecortada” por sus ausencias. El trueno rápidamente se presenta en sus fantasmas como “voz” paterna: los gritos del padre militar que irrumpía en la casa borracho por las noches, y su propio grito al padre en un desesperado intento de ser desalojada de ese lecho.

    Recuerdo aquí la siguiente cita de Lacan de su Seminario IV “Las relaciones de objeto”, para luego articular con el desarrollo del análisis y la propuesta que de allí se desprende: “La fobia introduce en el mundo del niño una nueva estructura (…) entonces, con ayuda de la fobia, instaura un nuevo orden del interior y del exterior, una serie de umbrales que se ponen a estructurar el mundo”.

    Con mucho esfuerzo, logra sostener un trabajo, y conoce a un hombre con quien entabla una relación “tempestuosa”. Cede la obsesión climatológica pero al momento de la tormenta… aparece “eso” que no cesa de no escribirse en historicidad. Enigmas frente a los cuales se puede, o no, reconocer el límite Real.

    Su análisis continúa. No la asustan los relámpagos…como el trueno avisa, puede cerrar los ojos. De hecho, le atraen los fuegos artificiales[2], “me dijeron que es porque al ser creados por el hombre pueden controlarse. Parece que mi problema es lo incontrolable de la naturaleza, que puede matarnos en cualquier momento”.

    El trabajo sigue por la senda de lo inanticipable, lo incontrolable, lo imprevisible, vivenciados como  golpe de real que pone de manifiesto tanto la insignificancia de su cuerpo ante la magnificencia de la naturaleza como lo “incontrolable” en relación a su cuerpo.

    El terror se manifiesta así: Se tensa todo el cuerpo, retiene el aliento y se tapa los oídos. Consigue cierta calma al meterse en la cama porque puede taparse por completo con las sábanas.

    Aparece un recuerdo:

    Está en la casa de los abuelos en las sierras, subyugada por el sonido del eco posterior al trueno. Hay un ritmo en el eco… que en un momento cesa, algo se discretiza atenuando el efecto siniestro.

    Y a continuación una segunda escena, de sus quince años: vacaciones en la playa, está junto a un muchacho, el ruido de las olas en la oscuridad de la noche…. un ritmo insoportable. No se podía distinguir el cielo del mar. Nunca más pudo acercarse al mar de noche porque “no puede no oír”. Dice desde el diván: “Recién ahora advierto que no me daba cuenta que ese chico me gustaba mucho”.

    Empieza a encontrar sosiego cuando durante las tormentas entabla alguna conversación. Durante un episodio llama a la analista, quien no sin dudar decide atender el llamado.

    Cecilia relata lo que va ocurriendo en su cuerpo a medida que la tormenta se desencadena. Es una tormenta de verano con viento, truenos y granizo. En el entre truenos… ese silencio la aterra. Del ruido o del silencio no se puede escapar, te envuelven… como la oscuridad.

    Sobreviene un silencio justo cuando se oye un sonido apenas audible y la analista le pregunta sobre ello. “Me hace ruido, la panza” dice con una risa incómoda. La panza que rompe el silencio, cuando se la oye. Así comienza a hablar de otras sensaciones en relación a su cuerpo.

    Luego del relámpago, entre el trueno y el silencio se inserta el terror. Frente a eso que a esta altura podemos considerar lo pulsional turbulento, torbellinario donde todo está mezclado, se trata de discretizar[3]…por aquí sigue el análisis.

    Un cuerpo se constituye en una operación significante, no hay cuerpo sin significante, más no todo aquello que fueran “restos de visto y oído” llegan a significantizarse (a entrar en el orden significante). Y de dicha operación, cae algo como sinsentido. ¿Que destinos para estos restos de sinsentido? ¿Es eso lo que retorna como lo auditivo –visivo, invasivo, que amenaza al sujeto? ¿Retornos de lo no simbolizado?

    ¿Que dice un trueno? ¿Las olas? ¿Y el “ruido de la panza”? Campo del sinsentido donde habrá de buscarse al deseo que lo interpreta.

    Lo que no habla, sin estar por fuera del lenguaje, vocifera. ¿Cómo escapar a esta dominancia sin párpado auditivo?

    Recordemos que en la Conferencia en Ginebra, dice Lacan, que “el agua del lenguaje llega a dejar algo tras su paso, algunos detritus con los que” (el niño) “jugará, con los que le será muy necesario arreglárselas. Es eso lo que le dejará toda esa actividad no reflexiva, los añicos, a los cuales más tarde -pues es un prematuro- se le agregarán los problemas de lo que lo espantará. Gracias a eso hará la coalescencia de esa realidad sexual y el lenguaje”.

    “Añicos” de palabras, mots, que no se pliegan a sentidos constituidos, y al aparecer en tanto “alteridad[4] en lo que se dice” para el habla (parole) que los porta, espantan, inquietan. Con eso, hay que saber “arreglárselas”[5]. En transferencia la analista oye a la vez que escucha significantes[6] en el relato de la analizante. Otra voz hace que esté menos “oscuro”.

    Apuesta del análisis: que un intervalo discretice, y a condición del silencio cavado por el significante un sujeto aparezca en medio de la presencia intrusiva y aterrorizante del trueno que provoca el desarrollo de angustia en la sujeto inerme, amenazada en su subjetividad . Decir del Otro, que discretiza en lalangue, que produce los cortes necesarios para que un eco sea posible. Eco: corte y repetición que hacen posible la incidencia significante. En lo sonorizado siniestro, como un grito asignificante (inasimilable por el símbolo), el intervalo es articulación entre lo visivo y lo sónico, articula lo escópico y esta otra condición…. ¿De dónde viene ese ruido? Trueno, ilocalizable condición enigmática que la envuelve dejándola inerme como en la experiencia del mundo omnivoyeur.

    En “La tercera” Lacan afirma que “tenemos miedo de nuestro cuerpo”[7]. “La angustia es algo que se sitúa en nuestro cuerpo, es el sentimiento que surge de esa sospecha que nos embarga de que nos reducimos a nuestro cuerpo”.

    Lo pulsional sexual que no se detiene, como las olas del mar…ritmo insoportable por lo repetitivo e infinito. ”Nunca más pudo acercarse al mar de noche”: ¿la oscuridad hace más audible lo pulsional? En la negrura de la noche acecha la sonoridad de lo que “no puede no oír” que la mira, la envuelve en una experiencia de lo que no está ni adentro ni afuera sino que ex -siste, extimo.

    La sonoridad estrepitosa que conmueve el universo no es habla más se inscribe en el lenguaje. Emisión vocal asignificante ¿por contener todos los significantes posibles, como dice Lacan en el seminario 3 a propósito de Schreber? Lo sinsentido decimos casi veinte años más tarde.

    Trueno- oscuridad-olas-impulso sexual-ruido de panza, continuidad Imaginario – Real de lo que no puede ser articulado. Se confunden los ruidos, hasta que el decir en transferencia los va desligando y encadenando. Que lo Real inasimilable por lo simbólico comience a organizarse en historicidad, que encuentre lugar en su historia, precisa a la vez que se encuentren y creen nuevas ligaduras “inauditas”; ruptura del sentido edípico para encontrar otro modo de “saber –hacer-con” lo que causa su padecer.

    [1] Racionalizar no es simbolizar. Se trata de arribar a lo que representa para ella, más allá de las explicaciones científicas, es decir, producir una articulación a nivel de lo que significa la tormenta más allá de la meteorología.

    [2] Fuegos artificiales tienen correlato simbólico, (y fascinada en un goce escopico) tienen principio desarrollo y fin. Sabe que concluyen.

    [3] Discretizar : separar en segmentos, intervalos.

    [4] Lacan, Jacques. “Seminario 10” 5/6/63

    [5] Lagrotta, Z. “Radiofonía”.

    [6] la angustia : el sujeto se ve amenazado en su integridad ante en avance de lo Real en su dominio Imaginario; en realidad, ante el avance del Goce del Otro, que le advierte sobre el riesgo de quedar reducido a la desubjetivación, a ser mero objeto a, desecho.

    [7] Por cuestiones de extensión no desarrollaremos aquí que entendemos por “nuestro” cuerpo, o cuerpo propio.

    Fuentes:
    -Roberto Harari “Vocologie psychanalytique: le reelangage “ Dans Analyse Freudienne Presse 2009/1 (n° 16), pages 133 à 141.
    – Jacques Lacan. Conferencia en Milan. 18/12/67 Scilicet 1, Paris, Seuil, 1968.
    – Seminario « Eficacias del Realenguaje » dictado en Mayeutica- Institución Psicoanalitica (2017)E.Feinsilber, B.Mattiangeli, M.Rizzi, I.Rodriguez, G.Spinelli, D.Voronovsky.


     

    Presentación realizada en el Coloquio Internacional convocado por la Escuela Freudiana de Buenos Aires, la Escuela Freudiana de la Argentina, la Fundación Europea para el Psicoanálisis y Mayéutica- Institución Psicoanalítica “La voz y la mirada en la experiencia del análisis” realizado en Buenos Aires los días 22 y 23 de marzo de 2019.

  • “Brontophobie? Seuil, tonner de la pulsion / Gabriela Spinelli

    “Brontophobie? Seuil, tonner de la pulsion / Gabriela Spinelli

                                   “Le cri fait en quelque sorte- le silence- se pelotonner dans l’impasse même d’où il jaillit pour que le silence s’en échappe “ Lacan,  « Séminaire 12 » ( 17 mars 1965)

    “Los dioses no se ven pero se oyen: en el trueno, en el torrente, en la nubada, en el mar. Son como voces”. Pascal Quignard,  “La haine de la musique”

    Après plusieurs traitements Cecilia fait une consultation à l’âge de 23 ans, portant le signifiant « brontophobie » en tant qu’essai d’expliquer sa souffrance. Bourrée d’informations fonctionnant comme des rationalisations qui n’arrivent pas à symboliser « ca » qui l’afflige.

    Sa douleur avait commencé quand elle était petite par la peur des tonnerres nocturnes qui la menaient à se réfugier au lit de ses parents.

    Peu à peu cette peur s’est étendue vers les orages.

    En arrivant à la puberté elle est passée par une période de calme, et tous ont pensé qu’elle avait surmonté sa peur ; mais à l’âge de quinze ans cette terreur est revenue, même plus puissante.

    Adolescente, elle évitait par des moyens inavoués de sortir de chez elle quand il pleuvait, et elle est même arrivée à ne pas le faire quand « il était sur le point de pleuvoir ».

     

    Jeune, le seul fait de voir le ciel s’obscurcir lui provoque un effroi indescriptible.

    Elle dépend absolument de la météo, au point de choisir le lieu et le moment de ses vacances en fonction du climat.

    Sa vie sociale est assez pauvre, ses relations instables. Elle n’a avoué qu’à un seul petit- ami sa souffrance ; celui-ci l’a d’abord comprise, mais au bout d’un certain temps il en a eu assez.

    Ses emplois ne sont pas épargnés de cette situation. Ses absences – elle n’arrive pas à supporter le retentissement des réveils-  produisent des licenciements à répétition. L’orage, qu’éveille-t-il ? Nous en sommes à un moment de son récit où quelque chose commence à sonner de manière bizarre.

    L’analyse commence de manière “entrecoupée” à cause de ses absences. Le tonnerre vite se présente dans ses fantasmes comme la « voix paternelle » : les cris de son père militaire faisant irruption dans la maison, ivre, pendant la nuit et ses propres cris à elle, adressés à son père, en essayant désespéramment d’être chassée du lit parental.

    Je me souviens d’une citation de Lacan-dans son Séminaire 4, quand, le 20 mars 1957-, qu’on articulera au cours du développement de cette analyse avec la proposition qui s’en découle. Il dit : « Le sens de la phobie, c’est bien cela: c’est d’introduire dans le monde de l’infant une structure, une certain façon de mettre au premier plan la fonction d’un intérieur et d’un extérieur (…) la phobie instaure un nouvel ordre de l’intérieur et de l’extérieur, une série de seuils se mettent à structurer le monde »

    En faisant beaucoup d’efforts elle réussit à soutenir un emploi et connaît un homme avec lequel elle entame une relation « houleuse ». L’obsession climatologique cède, mais au moment de l’orage apparaît « cela » qui ne cesse pas de ne pas s’écrire en historicité. Des énigmes face auxquelles on peut, ou non, reconnaître la limite du Réel.

    Son analyse continue. Les éclairs ne lui font pas peur… comme le tonnerre prévient, elle peut fermer les yeux. En fait, elle se sent attirée par les feux d’artifice. « On m’a dit que puisqu’ils sont créés par l’homme, ils peuvent être contrôlés. Il semblerait que mon problème est ce qui est incontrôlable dans la nature, ce qui peut nous tuer n’importe quand ».

    Elle continue sur la voie de ce qui est inanticipable, incontrôlable, imprévisible, tout cela vécu comme des coups de réel mettant en évidence autant l’insignifiance de son corps face à la magnificence de la nature que ce qui est « incontrôlable » en rapport avec son corps.

    La terreur se manifeste ainsi: tout son corps tendu, elle retient son haleine et bouche ses oreilles. Elle parvient à un certain calme en se mettant au lit car elle peut se couvrir complètement avec les draps.

    Un souvenir apparaît:

    Elle est chez ses grands- parents, dans les montagnes de la province méditerranéenne de Córdoba, ravie par le son de l’écho postérieur au tonnerre. Il y a du rythme dans cet écho… lequel à un moment donné cesse, quelque chose  « se discretiza » (néologisme en espagnol qui indique ce qui est susceptible d’être séparé) en atténuant l’effet sinistre.

    Puis, une deuxième scène, à ses quinze ans: en vacances au bord de la mer, elle se trouve, le soir  et sur la plage, à côté d’un jeune homme : Le bruit des vagues dans le noir de la nuit… un rythme insupportable. « On ne pouvait pas distinguer le ciel de la mer ». Elle n’a plus jamais pu s’approcher de la mer la nuit, parce que « je ne peux pas ne pas entendre ». Allongée sur le canapé, elle dit : « Je viens de réaliser que je ne comprenais pas que ce jeune homme-là me plaisait vraiment ».

    Elle commence à trouver du calme quand, pendant les orages, elle peut entamer une conversation avec quelqu’un.

    Durant un épisode elle téléphone à son analyste:

    Cecilia raconte ce qui se passe dans son corps au fur et à mesure que l’orage se déchaîne. C’est un orage d’été, il vente, il tonne et il grêle. Pendant l’entre-tonnerres le silence l’effraie. Du bruit ou du silence, on ne peut pas s’enfuir, ils t’entourent, comme l’obscurité.

    Elle fait silence jusqu’au moment où l’on entend un son à peine audible ; son analyste lui pose des questions à propos. « Mon ventre à moi [me]  fait du bruit » répond-elle en riant, mal à l’aise. Son ventre qui brise le silence dès qu’il est entendu. Et elle commence à parler d’autres sensations qui vont au- delà de celle de la peur.

    Après l’éclair, entre le tonnerre et le silence, la terreur arrive. Face à cela, que nous pouvons déjà considérer le pulsionnel turbulent, « torbellinario » (avec la force et la forme d’un tourbillon), où tout est mélangé, il s’agit de « discretizar » (séparer). C’est la voie que prend son analyse.

    Un corps se constitue par l’effet d’une opération du signifiant, il n’y a pas de corps sans signifiant, mais pas tout ce qui a été « des débris de vu et d’entendu » parvient à « significantizarse » (entrer dans l’ordre du signifiant). En y parvenant, quelque chose tombe comme non-sens. Quelle destination pour ces débris de non-sens ? C’est cela qui revient comme l’auditif-visuel(en espagnol, visivo), invasif qui menace le sujet ? Retours de ce qui n’a pas été symbolisé ?

    Que dit un tonnerre? Les vagues? Et le bruit du ventre? Champ du non- sens où il faudra chercher le désir qui l’interprète.

    Ce qui ne parle pas, sans être en dehors du langage, vocifère. Comment échapper de cette dominance sans paupière auditive ?

    Nous devons nous rappeler que lors de la Conférence de Genève[2], Lacan dit que « J’ai très bien vu de tout petits enfants, ne serait-ce que les miens. Le fait qu’un enfant dise peut-être, pas encore, avant qu’il soit capable de vraiment construire une phrase, prouve qu’il y a en lui quelque chose, une passoire qui se traverse, par où l’eau du langage se trouve laisser quelque chose au passage, quelques détritus avec lesquels il va jouer, avec lesquels il faudra bien qu’il se débrouille. C’est ça que lui laisse toute cette activité non réfléchie – des débris, auxquels, sur le tard, parce qu’il est prématuré, s’ajouteront les problèmes de ce qui va l’effrayer. Grâce à quoi il va faire la coalescence, pour ainsi dire, de cette réalité sexuelle et du langage ”.

    Des “miettes” de paroles, des mots ne se pliant pas à des sens constitués ; dans la mesure où ils apparaissent en tant qu’ »altérité dans ce qu’on dit » pour la parole qui les porte, ils effrayent et inquiètent.  Il faut savoir « se débrouiller » avec. En transfert, l’analyste entend et à la fois écoute, « auditionne » des signifiants dans le récit de l’analysante. Une autre voix fait qu’il fasse moins « nuit »

    Mise de l’analyse: qu’un intervalle coup (“discretice”) et,  à condition du silence installé par le signifiant, qu’un sujet apparaisse au milieu de la présence intrusive et effrayante du tonnerre qui provoque l’accroissement de l’angoisse chez la sujet inerme, justement menacée dans sa subjectivité. Des dires de l’Autre produisant les coupures nécessaires pour qu’un écho soit possible : coupure et répétition rendent possible l’incidence du signifiant. Dans le sonorisé sinistre, tel un cri asignifiant inassimilable par le  symbolique), l’intervalle est articulation entre le visuel (en espagnol, « visivo ») et le sonique, il articule le scopique et cette autre condition… D’où il vient, ce bruit ? Tonnerre, condition énigmatique pas localisable qui entoure l’analysante en la rendant inerme comme dans l’expérience du monde omnivoyeur.

    Dans “La troisième” Lacan  affirme qu’on a peur de notre corps…. Et que ”l’angoisse c’est le sentiment qui surgit de ce soupçon qui nous vient, de nous réduire à notre corps “.[3]

    Le pulsionnel sexuel ne s’arrête pas, comme les vagues de la mer… rythme insupportable pour ce qu’il a de répétitif et d’infini. Dans la nuit noire la sonorité du pulsionnel traque, ce qu’elle « ne peut pas ne pas entendre » la regarde, l’entoure dans une expérience de ce qui n’est ni dedans ni dehors, mais qui « ex-siste ».

    Le non- sens, dira-t-on vingt ans plus tard. La sonorité fracassante qui choque l’univers n’est pas parole mais elle s’inscrit dans le langage. Émission vocale a-signifiante, par le fait qu’elle contient tous les signifiants possibles, tel que le dit Lacan dans son séminaire 3 à propos de Schreber ? Presque vingt ans plus tard  nous dirons le non-sens.

    Tonnerre – obscurité – vagues – pulsion sexuelle – bruit au ventre; continuité Imaginaire-Réel de ce qui ne peut pas être articulé. Les bruits se confondent, jusqu’au moment où peu à peu le dire en transfert les sépare et les enchaîne sous forme d’articulation.  Que le Réel inassimilable par le symbolique commence à s’organiser en historicité, qu’il trouve place dans son histoire nécessite en même temps que de nouvelles attaches « inouïes » se retrouvent et se créent, rupture du sens œdipien afin de trouver un autre mode de savoir  -faire avec- ce qui provoque sa souffrance.

    Traduction: Alicia Waisman

    References bibliographiques:

    • Roberto Harari « Vocologie Psychanalitique : le reelangage » Dans Analyse Freudienne Presse 2009/1 (n 16)
    • Jacques Lacan. Conference donnée á l’Institut Français de Milan, 18 decembre 1967, Scilicet 1, Paris, Seuil, 1968
    • Seminaire « Eficacias del Realenguaje » donnée a Mayeutica- Institución psicoanalítica. (2017) E.Feinsilber, B.Mattiangeli, M.Rizzi, I.Rodriguez, G.Spinelli, D.Voronovsky.

    [2] Jacques Lacan, “Conference a Geneve sur le symptome” (4/10/75)

    [3] Jacques Lacan “La troisième” 1/11/1974


     

    Presentación realizada en el Coloquio Internacional convocado por la Escuela Freudiana de Buenos Aires, la Escuela Freudiana de la Argentina, la Fundación Europea para el Psicoanálisis y Mayéutica- Institución Psicoanalítica “La voz y la mirada en la experiencia del análisis” realizado en Buenos Aires los días 22 y 23 de marzo de 2019.

  • Une lecture sexuée / Verónica Cohen

    Une lecture sexuée / Verónica Cohen

    Parler du regard et de la voix en expérience d’analyse implique le parler et le dire dans l’analyse, donc, le lien entre le signifiant et l’objet qui moyenne avec l’Autre du langage.

    Nous ne pouvons pas analyser sans considérer que le dire produit un écho dans le corps et que cet écho est la pulsion. Lacan le dit ainsi dans son séminaire Le Sinthome : « les pulsionsc’est l’écho dans le corps du fait qu’il y a un dire ». Il s’agit d’une phrase d’une énorme lucidité car elle éclaire la relation entre la parole et les pulsions, entre le dire et le corps.

    Il existe un lien entre signifiant et objet, découvert par la psychanalyse. Freud le décrit et le précise depuis « Pulsions et vicissitudes des pulsions ». C’est le lien entre pulsions et amour, que Freud différencie et relie.

    La pulsion est lien social parce qu’elle est à partir de l’Autre du langage. Les premiers signifiants viennent de l’Autre du langage et libidinisent une zone autour d’un trou du corps, c’est une partie libidinisée par la langue, à mon avis, par le dire qui implique déjà le manque, car le langage ne peut tout dire.

    Quand nous parlons de pulsions partielles et de leurs vicissitudes, nous parlons de circulation, de mouvement, nous parlons de l’embrouillement de la pulsion de mort avec les pulsions partielles  et aussi de la complexité qui en surgit.

    Nous parlons du dire sur le corps. Quand nous disons écho il s’agit d’une répétition. C’est-à-dire qu’il s’agit du temps et de la répétition.

    Il s’agit de ce qui est fait dans une analyse; ce mouvement par lequel on revient plusieurs fois à une même place, mais chaque fois de manière différente. Il semblerait que l’on recule, maisen fait on avance, disait une analysante, c’est ce qui me donne de l’espoir, en disait une autre.

    Ce sont les signifiants et les paroles côtoyant une zone érogène, une partie du corps ; ce sont eux qui partiellement font le corps et l’inconscient. Ils libidinisent. Quand je dis zone érogène, je parle d’Eros et du fait que le manque est en jeu. Car toutes ces zones libidinisées sont signifiées par le phallus. Dans le Séminaire de l’angoisse nous retrouvons le schéma. Le phallus signifie ce que nous appelons des objets partiels, qui tombent en laissant la place du manque aux aes.

    Le langage copule avec le corps, regard et voix sont privilégiés pour transmettre le désir de l’Autre. Cette phrase sur l’écho nous dit quelque chose de la répétition que font le corps et l’inconscient.La répétition qui, en paraphrasant Lacan, caractérise, comme n’importe quelle autre chose, la réalité psychique de l’être inscrit dans le langage.

    C’est avec la répétition et la pulsion de mort freudiennes que Lacan invente l’objet a et construit la notion de jouissance. C’est avec cela que nous pouvons penser la jouissance et son plus de jouir, la jouissance qui se consomme à chaque répétition. Il y a de l’espoir. De quoi? De ce que l’amour fasse condescendre la jouissance au désir.

     

    La voix dans le dire brise le silence de la pulsion de mort. Il s’agit toujours d’une double division. À cause du signifiant  et à cause de l’objet: le dire et son écho.

    Ce faire le corps et l’inconscient n’est autre chose que L’autre scène-die anderescene. Une autre place depuis laquelle voir dans l’analyse, depuis laquelle le sujet construit, donne à voir et regarde et se fait voir et entendre dans le transfert ; le désir surgit qui fait à son tour surgir le sujet et la réalité… quelques fois.

    Le regard peut être quelque chose d’élidé par les voies de la vision et de la représentation qui ordonne. Il peut éviter la castration, tel que nous lisons dans le fétichisme.

    Articuler la voix et la parole, le dire, c’est articuler amour-haine et pulsion reliés. À mon avis il s’agit de l’articulation de la demande d’amour, des paroles de l’Autre, à leur inscription pulsionnelle conjointe dans une partie du corps qui implique le manque.

    Le passage de l’amour à la libido existe dès le commencement, je mets l’accent sur ce  qu’il y a d’inaugural, c’est-à-dire cette division en deux, où le sujet se voit aimable comme objet, à cause de la parole de l’Autre et cela même le cause comme a, mais où ? Là où l’objet pulsionnel tombe et le a surgit comme manque.

     

    La formule de la pulsion “sujet barré losange D” a, dans sa propre constitution, les paroles qui ont libidinisé, celles qui ont fondé une partie du corps et les objets pulsionnels et leur chute. Depuis ce trou « germent » les signifiants. Dans son Séminaire XVII,  « L’envers de la psychanalyse »Lacan le dit, non sans honte. Ce trou, c’est la honte qui le laisse –je trouve cela intéressant-.

    Je l’entends comme le passage de la pulsion et l’objet de la pulsion qui tombe au fantasme et à l’objet a du fantasme (“sujet barré losange a »). C’est le fantasme ce qui implique la dimension de la honte. Nous sommes  déjà engendrés comme a dans le fantasme, ce sont les effets du langage.

    C’est lors d’une psychanalyse, dans ce lien social,  que l’on lit la structure du fantasme, pourvu que l’analyste ne se résiste pas à faire discours de l’inconscient. Il y a donc un passage des objets pulsionnels faisant semblant des aes au fantasme. Ceux-ci mis en scène, non sans honte, c’est ce que Lacan appelle dans « Position de l’inconscient » Le transfert comme la mise en acte de la réalité sexuelle de l’inconscient. La honte nous dit de la structure de fiction de la vérité.

    Dire qu’ils “germent” c’est déjà une division. La voix fait place aux paroles, elle est dans le dire, la signification du phallus ordonne, elle laisse place au manque sà condition qu’il existe dans l’analyse une lecture de ce dire, s’il y a un passage de discours impliquant la fonction phallique, non seulement le phallus mais son manque ; cela implique la castration et l’existence de l’autre.

    Nous sommes donc des affaires d’un dire; ce dire, toujours différent, est sexué parce que nous nous sexuons en tant que signifiants, hommes et femmes, valeurs sexuelles, affaires d’un dire qui part d’une partie du corps libidinisée et revient comme écho au corps, à cause de ce qui est dit.

    Les aes ne sont pas sexués, mais ils sexuent, reliés aux signifiants.

    Ma conclusion sur le sexuel et la sexuation c’est qu’à partir de ce dire qui est sexué, d’un côté se trouvent ceux qui ne refusent pas le féminin, que ce soit des hommes ou des femmes, et de l’autre se trouvent ceux qui le refusent, des hommes ou des femmes. Car le dire est sexué.

    Tel que je l’ai dit auparavant, quelques fois il y a de l’espoir. De quoi ? De cette lecture sexuée.

     

     

     

  • Una lectura sexuada / Verónica Cohen

    Una lectura sexuada / Verónica Cohen

    Hablar de la mirada y la voz en la experiencia del análisis implica el hablar y el decir en el análisis, entonces, el lazo entre significante y el objeto que media con el otro del lenguaje.

    No podemos analizar sin contar con que el decir produce un eco en el cuerpo y ese eco es la pulsión. Lacan lo dice así en el seminario El síntoma: “Las pulsiones son el eco en el cuerpo del hecho de que hay un decir”. Frase de una gran lucidez, ilumina la relación de la palabra y las pulsiones, del decir y del cuerpo.

    Hay un lazo entre significante y el objeto, que descubre el psicoanálisis. Freud lo describe, lo precisa desde “Las pulsiones y sus viscisitudes”. Es el lazo entre pulsiones y amor, que Freud diferencia y enlaza.

    La pulsión es lazo social porque es a partir del Otro del lenguaje. Los primeros significantes vienen del Otro del lenguaje y libidinizan una zona alrededor de un agujero del cuerpo, es una parte libidinizada por la lengua,  a mi entender, por el decir que ya implica la falta.

    Cuando hablamos de pulsiones parciales y sus vicisitudes hablamos de circulación, de movimiento, hablamos de la intrincación de la pulsión de muerte con las mismas y la complejidad que surge.

    Hablamos del decir sobre el cuerpo. Cuando decimos eco se trata de una repetición. O sea que se trata del tiempo y de la repetición.

    Se trata de lo que se hace en un análisis, ese movimiento por el que se vuelve muchas veces al mismo lugar y cada vez de distinta manera. Parece que se retrocede pero se avanza, decía una analizante, es lo que me da esperanza, decía otra.

    Son los significantes y las palabras bordeando una zona erógena, una parte del cuerpo, parcialmente, hacen el cuerpo y el inconsciente. Libidinizan. Cuando digo zona erógena hablamos de Eros y de que la falta está juego. Porque todas esas zonas libidinizadas son significadas por el falo. En el Seminario de la angustia está el esquema. El falo significa lo que llamamos objetos parciales, que caen dejando el lugar de falta para los aes.

    El lenguaje copula con el cuerpo, mirada y voz son privilegiadas para trasmitir el deseo del Otro. Esa frase sobre el eco nos dice de la repetición, que hace el cuerpo y el inconsciente. La repetición “que caracteriza, como ninguna otra cosa, a la realidad psíquica del ser inscripto en el lenguaje.”

    Es con la repetición y la pulsión de muerte freudianas que Lacan inventa el objeto a y construye la noción de goce. Es con eso que podemos pensar el goce y su plus, el goce que se consume en cada repetición. Hay esperanza. De qué? De que el amor haga condescender el goce al deseo.

    La voz en el decir rompe el silencio de la pulsión de muerte. Siempre se trata de una doble división. Por el significante y por el objeto: el decir y su eco.

    Ese hacer el cuerpo y el inconsciente no es otra cosa que La otra escena- die andere scene. Otro lugar desde donde ver en el análisis, desde donde el sujeto construye, da a ver, y mira y se hace ver y oir en la transferencia, surge el deseo que hace surgir el sujeto y la realidad, …a veces.

    La mirada puede ser algo elidido por las vías de la visión, y de la representación que ordena. Puede eludir la castración, como leemos con el fetichismo.

    Articular la voz y la palabra, el decir, es en la vía de articular-amor-odio y pulsión enlazados. A mi entender se trata de la articulación de la demanda de amor, las palabras del Otro, con la inscripción pulsional conjunta en una parte del cuerpo que implica la falta, eso gasta goce.

    El pasaje del amor a la libido se da desde el comienzo, pongo el acento en lo inaugural que es esa división en dos, donde el sujeto se ve amable como objeto, por la palabra del Otro y eso mismo lo causa como a, donde? Donde cae el objeto pulsional y surge el a como falta.

    La fórmula de la pulsión “sujeto tachado losange D”, tiene en su constitución misma, las palabras que libidinizaron, fundaron, una parte del cuerpo, y los objetos pulsionales y su caída. Desde ese agujero “brotan” los significantes. Lacan dice en el seminario diecisiete “El reverso del psicoanálisis”, no sin vergüenza. Ese agujero lo deja la vergüenza,- me parece interesante-.

    Lo entiendo como el pasaje de la pulsión y el objeto de la pulsión que cae al fantasma y al objeto a del fantasma (“sujeto tachado losange a”). El fantasma es el que implica la dimensión de la vergüenza. Somos engendrados ya como a en el fantasma, efectos del lenguaje.

    Es en un psicoanálisis  que se lee la estructura del fantasma, es en ese lazo social, si el analista no se resiste a hacer del inconsciente discurso. Hay entonces, un pasaje al fantasma de los objetos pulsionales que hacen semblante de “a”. Puestos en escena, no sin vergüenza, es lo que Lacan llama en “Posición del inconsciente” La transferencia como la puesta en acto de la realidad sexual del inconsciente. La vergüenza nos dice de la estructura de ficción de la verdad.

    Decir que “brota” es ya una división. La voz hace lugar a las palabras, está en el decir, la significación del falo ordena, deja lugar para la falta si hay, en el análisis, una lectura de ese decir, si hay, un pasaje de discurso que implique la función fálica, no sólo el falo sino su falta, esto implica la castración y la existencia del otro.

    Entonces, somos asuntos de un decir, ese decir, siempre diferente,  es sexuado porque nos sexuamos como significantes, hombres y mujeres, valores sexuales, asuntos de un decir que parte de una parte del cuerpo libidinizada y vuelve como eco al cuerpo, por lo dicho.

    Los aes no son sexuados pero sexuan, enlazados a los significantes.

    Mi conclusión sobre lo sexual y la sexuación, es que a partir de ese decir que es sexuado, de un lado están los que no rechazan lo femenino, hombres o mujeres y del otro los que lo rechazan, hombres o mujeres. Porque el decir es sexuado.

    Como dije antes, a veces hay esperanza, ¿de qué?  De esa lectura sexuada.

    Trabajo presentado en el Coloquio Internacional “La voz y la mirada en la experiencia del análisis” realizado los días 22 y 23 de marzo de 2019 en el Hotel Regente, Buenos Aires, Argentina.